couverture du jeu gargoyle's quest sur game boy, version européenne
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Gargoyle’s Quest sur Game Boy : le test rétro du démon qui grimpe aux murs

Tu te souviens quand on jouait le monstre au lieu du chevalier ?

Tu te souviens de ces jeux Game Boy qui avaient l’air tout petits, mais qui te collaient une vraie aventure dans la poche ? Gargoyle’s Quest, c’est exactement ça. Au premier regard, on se dit que ça va être un petit jeu d’action en noir et blanc avec un démon qui crache des boules de feu. Puis on lance la partie, et là, surprise : il y a une carte, des dialogues, des objets à récupérer, des mots de passe et des niveaux où il faut vraiment maîtriser les sauts.

Et surtout, on ne joue pas un gentil chevalier en armure. On joue Firebrand, la gargouille rouge que les fans de Ghosts ‘n Goblins connaissent comme l’un de ces ennemis casse-pieds qui volent partout. Là, Capcom retourne le truc : le monstre devient le héros. Franchement, pour une cartouche Game Boy de 1990, ça pose déjà une ambiance plutôt classe.

Développeur : Capcom
Éditeur : Capcom
Plateforme testée : Game Boy
Genre : Action, plateformes
Thèmes : Démon, gargouille, royaume envahi, pouvoirs magiques, exploration, action sombre

Date de sortie : 🇯🇵 mai 1990, 🇫🇷 1990


Firebrand, une petite terreur qui a du style

Firebrand, ou Red Arremer dans la version japonaise, n’est pas un héros rapide et agile comme Mario. Il est plus lourd, plus raide, mais il a des capacités qui changent tout. Il peut cracher des projectiles, s’accrocher aux murs avec ses griffes et planer pendant un temps limité. Dit comme ça, ça paraît simple. En jeu, ça donne une approche beaucoup plus posée que la plupart des jeux de plateformes de l’époque.

On ne fonce pas tête baissée. On observe, on s’accroche, on attend le bon moment pour passer. Certaines plateformes sont placées exprès pour te faire utiliser le vol ou l’accroche murale. Si tu rates ton timing, Firebrand tombe comme une pierre. Le jeu te fait vite comprendre que tu as des ailes, oui, mais pas un permis de voler n’importe comment.

Une aventure découpée en deux styles

La grande particularité de Gargoyle’s Quest, c’est son mélange entre exploration vue de dessus et niveaux d’action de côté. Sur la carte et dans les villages, Firebrand se déplace comme dans un petit RPG. Il parle aux habitants, reçoit des informations, trouve des objets et avance dans le Royaume des Goules. Ce n’est pas un RPG complet, mais ça suffit à donner l’impression d’une vraie quête.

Quand le jeu bascule en vue de côté, on retrouve les phases plus tendues. Là, il faut sauter, voler, grimper aux murs, tirer sur les ennemis et parfois affronter un boss. Le rythme est plus lent qu’un pur jeu d’arcade, mais c’est volontaire. Gargoyle’s Quest demande de la précision. Il te laisse rarement traverser un niveau en mode pilote automatique.

Le Royaume des Goules, pas très accueillant, mais mémorable

L’histoire reste assez simple : le Royaume des Goules est menacé par les Destructeurs, et Firebrand doit récupérer des pouvoirs pour devenir assez fort et affronter Breager, leur roi. On est loin d’un scénario bavard, mais l’ambiance fonctionne. Les villages, les créatures, les noms étranges et le ton un peu sombre donnent au jeu une identité bien à lui.

Sur l’écran monochrome de la Game Boy, Capcom arrive à faire passer un univers plus sinistre que la moyenne. Les décors ne sont pas hyper détaillés, mais ils se lisent bien. Les grottes, les tours, les zones rocheuses et les bâtiments du royaume donnent l’impression de visiter un monde maudit, mais en version mini. C’est petit, mais ça a du caractère.

Des pouvoirs qui évoluent vraiment

Au début, Firebrand est presque frustrant. Il saute peu haut, plane peu longtemps et son tir n’a rien d’impressionnant. Puis le jeu commence à lui donner des améliorations. Il gagne de la vie, saute mieux, vole plus longtemps et récupère de nouveaux projectiles. C’est l’un des plaisirs du jeu : sentir que la petite gargouille devient progressivement une vraie menace.

Les tirs ne servent pas seulement à faire plus de dégâts. Certains ont une utilité spéciale, comme casser des blocs ou créer une petite plateforme temporaire sur des surfaces dangereuses. Du coup, on ne garde pas seulement l’arme la plus forte. Il faut parfois choisir le bon pouvoir pour avancer. Pour une Game Boy du début des années 90, c’est plutôt malin.

Un jeu dur, mais pas juste pour faire le malin

Gargoyle’s Quest peut être rude. Les sauts demandent de la précision, les ennemis encaissent parfois plusieurs coups, et certains passages donnent envie de serrer la console un peu trop fort. Mais la difficulté n’est pas juste là pour frimer. Elle vient surtout du fait que le jeu veut que tu maîtrises Firebrand. Il faut comprendre la portée du saut, la durée du vol, l’angle des tirs et la meilleure façon de se placer contre un mur.

Le système de mots de passe aide beaucoup. On n’a pas besoin de tout refaire depuis le début à chaque partie, ce qui rend l’aventure moins punitive que d’autres jeux portables de l’époque. C’est un jeu exigeant, mais il te donne quand même de quoi progresser petit à petit.

Face aux autres jeux Game Boy

À côté de Super Mario Land, Gargoyle’s Quest paraît moins immédiat. À côté de Castlevania: The Adventure, il semble plus riche et plus souple grâce à ses phases d’exploration et à ses pouvoirs. Il n’a pas la grande liberté d’un Zelda: Link’s Awakening, arrivé plus tard, mais il annonce déjà cette envie de proposer autre chose que de simples niveaux en ligne droite sur portable.

Le jeu a aussi eu une petite suite de famille. Gargoyle’s Quest II reprend l’idée sur NES, puis Demon’s Crest pousse Firebrand beaucoup plus loin sur Super Nintendo. Le premier épisode Game Boy reste plus modeste, évidemment, mais il a cette efficacité des premiers essais réussis. Il ne fait pas tout, mais ce qu’il tente, il le fait avec une vraie personnalité.

Portages et redécouverte

Aujourd’hui, on peut encore jouer à Gargoyle’s Quest sur cartouche Game Boy, mais il a aussi été ressorti sur la Console Virtuelle 3DS, puis intégré au catalogue Game Boy du Nintendo Switch Online. Sur écran moderne, le jeu garde son côté sec et sombre, même si l’affichage d’origine participait clairement au charme.

Ce n’est pas le genre de jeu qu’on lance pour cinq minutes sans réfléchir. Il demande un petit temps d’adaptation. Mais une fois qu’on accepte son rythme, on comprend vite pourquoi il a gardé une bonne réputation chez les amateurs de Game Boy. Il a une vraie gueule, une vraie structure, et un héros qui ne ressemble pas à tout le monde.

Verdict Pixel Cartouche

Gargoyle’s Quest est une très belle surprise de la Game Boy. Pas forcément le jeu le plus accessible au premier contact, ni le plus nerveux, mais un titre qui mélange plateformes, exploration et progression avec beaucoup d’intelligence. Firebrand est lent, parfois rigide, mais ses pouvoirs rendent chaque niveau intéressant.

Pour découvrir la Game Boy autrement qu’avec Mario, Tetris ou Kirby, c’est une excellente cartouche. Elle a ce petit côté sombre, un peu bizarre, très Capcom, qui fait plaisir. Gargoyle’s Quest ne se contente pas d’être un spin-off de Ghosts ‘n Goblins. C’est une vraie aventure portable, courte mais dense, et encore très agréable à relancer aujourd’hui.

Sources et références

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